My Activity sur google.com enregistre chaque recherche, chaque vidéo YouTube visionnée et chaque site consulté depuis un compte Google. Pour un parent, cette page représente un levier de supervision concret, à condition de comprendre ce qu’elle montre, ce qu’elle cache et où se situe la limite entre accompagnement et intrusion.
Données visibles dans My Activity : ce que le parent consulte vraiment
La page myactivity.google.com agrège plusieurs flux d’activité liés au compte Google de l’enfant. Recherches Google, historique YouTube, navigation Chrome, interactions avec Google Maps ou l’Assistant vocal apparaissent dans un fil chronologique.
Un point technique souvent ignoré : l’accès parent à My Activity se fait majoritairement depuis l’appareil de l’enfant. Un parent qui souhaite consulter les requêtes ou les pages visitées doit, dans la plupart des cas, ouvrir myactivity.google.com directement sur le téléphone ou la tablette de l’enfant. L’application Family Link donne accès à certains rapports d’activité (temps d’écran, applications utilisées), mais le détail granulaire des recherches et de la navigation reste lié à la session du compte enfant.
Cette contrainte change la dynamique : consulter My Activity n’est pas une surveillance à distance silencieuse. Le geste suppose une démarche explicite, souvent en présence de l’enfant, ce qui ouvre naturellement la conversation.
| Type de donnée | Visible dans My Activity | Visible dans Family Link |
|---|---|---|
| Recherches Google | Oui (détail des requêtes) | Non (pas le détail) |
| Historique YouTube | Oui (vidéos regardées) | Rapport de temps uniquement |
| Navigation Chrome | Oui (sites consultés) | Filtres et blocages, pas l’historique complet |
| Applications utilisées | Non | Oui (temps par application) |
| Position géographique | Oui (si activée) | Oui (partage de position) |
Les deux outils se complètent. Family Link gère les règles (limites de temps, filtres SafeSearch, blocage d’applications), tandis que My Activity donne le détail factuel de l’activité en ligne.

Supervision après 13 ans : le mode ado de Family Link
La plupart des guides en ligne décrivent la mise en place de Family Link pour les enfants de moins de 13 ans. La réalité a évolué. Après 13 ans, la supervision passe en mode adolescent : l’enfant ne peut plus simplement désactiver le contrôle parental de façon unilatérale.
Google a introduit un mécanisme de notifications croisées. Si l’adolescent demande l’arrêt de la supervision, le parent reçoit une notification et dispose d’un délai pour valider ou refuser. L’arrêt de la supervision nécessite donc une validation parentale, ce qui empêche un contournement silencieux.
Ce système transforme la relation de contrôle en échange explicite. L’adolescent sait que sa demande sera visible, le parent sait que l’adolescent a tenté de modifier les paramètres. Le dialogue devient structurel, pas optionnel.
Paramètres de confidentialité à vérifier sur le compte enfant
- L’activité Web et applications, qui enregistre les recherches et la navigation Chrome. Désactivée, elle rend My Activity vide, ce qui peut aussi être un signal
- L’historique YouTube, distinct de l’activité Web. Un enfant peut désactiver l’un sans toucher l’autre
- Le paramètre SafeSearch, qui filtre les résultats explicites dans Google. Family Link permet de le verrouiller pour qu’il reste actif même si l’enfant tente de le modifier
My Activity google.com et contrôle parental : complémentarité avec Family Link
Utiliser My Activity seul comme outil de surveillance parentale présente une limite structurelle : l’enfant peut supprimer manuellement des éléments de son historique. Une recherche effacée de My Activity disparaît du fil, et le parent n’en verra pas la trace.
Family Link compense partiellement cette faille. Les filtres de contenu, les restrictions d’applications et les rapports hebdomadaires de temps d’écran fonctionnent indépendamment de My Activity. Même si l’enfant nettoie son historique, les règles de filtrage restent actives.
La combinaison la plus cohérente pour un parent repose sur trois axes :
- Activer les filtres SafeSearch et les restrictions d’applications via Family Link, pour poser un cadre préventif
- Consulter My Activity ponctuellement, en présence de l’enfant, pour discuter de ses usages web et YouTube
- Vérifier les paramètres de confidentialité du compte enfant régulièrement, car certains réglages peuvent être modifiés par l’adolescent selon son âge

Surveillance parentale en ligne : où placer le curseur
La différence entre surveiller et espionner ne tient pas à l’outil, mais à la transparence de son usage. My Activity et Family Link sont conçus pour être visibles par l’enfant. L’enfant voit que Family Link est installé sur son appareil. Il sait que son compte est supervisé.
La supervision fonctionne mieux quand l’enfant sait ce qui est observé. Lui montrer la page My Activity, expliquer quels types de données Google collecte et comment les paramètres de confidentialité fonctionnent produit un double effet : il comprend le mécanisme de surveillance parentale, et il apprend à gérer sa propre empreinte numérique.
Un adolescent qui découvre la quantité de données accumulées dans My Activity (recherches, vidéos, localisations) développe souvent une conscience plus nette de ce que signifie la collecte de données personnelles. L’outil de contrôle parental devient alors un support d’éducation à la sécurité en ligne.
Ce que My Activity ne remplace pas
My Activity ne couvre pas les applications tierces (messageries, réseaux sociaux hors écosystème Google). Les échanges sur WhatsApp, Snapchat ou TikTok restent invisibles dans cet outil. Family Link peut limiter l’installation de ces applications, mais pas en surveiller le contenu.
Pour les parents qui cherchent une couverture plus large, des solutions de contrôle parental dédiées existent sur le marché. My Activity reste un point de départ solide pour l’écosystème Google, pas une solution universelle de surveillance.
Le cadre le plus efficace combine des outils techniques (Family Link, SafeSearch, paramètres de confidentialité) et une pratique régulière de discussion sur les usages numériques. My Activity google.com offre une base factuelle pour alimenter ces échanges, sans transformer le téléphone de l’enfant en dispositif de surveillance invisible.